The times they are a-changing…

Que se passe-t-il lorsque de jeunes geeks plein d’idées et bourrés d’énergie, nés avec l’Internet, nourris au Web 2 et éduqués en mode participatif (que puis-je apporter à la communauté ? comment puis-je contribuer ?), rencontrent leurs aînés pour leur faire part de leurs projets ?

Parfois une super rencontre qui donne naissance à de fabuleuses start-up qui ont tout pour réussir : les connaissances, l’expérience et la maturité des uns associées aux expertises, à l’énergie et aux idées novatrices des autres. Mais le plus souvent dans notre vieille France, il ne se passe… rien…

Vous ne trouvez pas ça curieux, vous ?  D’un côté, des individus fortunés, en fin de carrière, à la recherche de projets, prêts à partager leur savoir-faire, leur carnet d’adresses et leur maturité, de l’autre des porteurs de projets à la recherche d’expérience et d’argent… D’un côté, des entreprises bien établies qui auraient bien besoin d’un rajeunissement et qui cherchent à accroître leur productivité et à ajouter de l’innovation à leur portefeuille de produits, de l’autre des start-up qui ont développé des technologies innovantes totalement en accord avec l’air du temps. D’un côté des talents inexploités, de l’autre des individus lancés dans une effarante course contre la montre qu’ils sont à peu près sûrs de perdre… Et pourtant, rien ne se passe, ou presque…

J’ai vu des talents s’ennuyer dans des entreprises, attendant vainement qu’un projet leur soit confié ou qu’au moins on les y implique, quand d’autres travaillaient la nuit et le week-end se demandant comment se sortir d’une situation complexe dont ils n’avaient pas toutes les clefs. J’ai vu des start-up mettre la clef sous la porte pour de mauvaises raisons (lenteur administrative dans les prises de décision, incompréhension, manque de formation…). J’ai vu des hommes et des femmes de tous âges, brillants, s’essouffler au fil du temps…

Et pourtant, nous avons tout pour réussir, même ici, en France… Des bonnes volontés, des talents, des experts en tous genres, des idées, des outils de productivité, Internet… mais nous avons aussi des freins…!
De vieilles idées reçues, des managers attachés à leur vieux monde et refusant de le voir bouger, ce monde, des fois qu’un plus jeune, plus ambitieux, plus au fait des nouveautés vienne lui damer le pion ; des investisseurs fiers de leurs parcours (et souvent, ils ont raison de l’être) mais dont on se sait plus très bien s’il veulent en faire bénéficier un porteur de projet ou s’il veut seulement afficher ce parcours pour un peu de reconnaissance supplémentaire…

Monsieur le (mauvais) manager, regarde autour de toi… le monde a changé. Aujourd’hui, on participe, on contribue, on partage. Personne n’en veut à ton job : tel qu’il est, il est déjà mort, ton job… qui voudrait enfiler tes charentaises trop larges et trop moches ou tes souliers vernis trop étriqués ? Entoure toi plutôt de cette jeune génération qui sait ce que tu ne sais pas et qui attend de toi la structure nécessaire à la mise en œuvre d’un projet de grande échelle. Et fais lui confiance, elle saura te le rendre… Monsieur le directeur général, descend de ta tour d’ivoire et écoute ceux qui bossent pour toi. Ce sont eux qui la font tourner ta boite. C’est grâce à eux que tu frimes dans ta super voiture de fonction

Messieurs les (mauvais) investisseurs, acceptez que celui qui présente un projet ne soit pas à la fois expert comptable, développeur, marketing man, phénomène média et visionnaire. S’il est là, à vous présenter un projet, c’est parce qu’il a besoin de vous et pas uniquement de vos sous… Il a besoin de vos connaissances, de vos expertises, de votre maturité… Soyez le maître qui guide au lieu d’être le maître qui châtie. Abandonnez cet air supérieur et suffisant que vous avez parfois pour être vous-même. Le projet n’est pas bon ? Dites-le, c’est important pour le porteur de projet (surtout pour lui, d’ailleurs…) mais n’oubliez vos valeurs : respect est le maître mot…

Fort heureusement, il y a aussi de « bons » managers et de « bons » investisseurs. Malheureusement Mesdames et Messieurs, vous ne constituez pas la majorité du genre…

Je m’égare ? A peine… Le sujet de ce billet était la rencontre possible de 2 mondes. Aujourd’hui, on oppose « l’ancien monde », au « nouveau monde » (entendez la génération 1.0 – appelons la comme ça – contre la génération 2.0) de la même façon qu’on oppose noir/blanc, nord/sud, gentil/méchant, intelligent/bête, jeune/vieux… N’y aurait-il pas une autre façon d’envisager les choses ?

Jean-François Ruiz a prouvé que l’on pouvait travailler sa e-Réputation, créer des formations en ligne, partager sur le net ET se rencontrer dans la « vraie vie » pour faire du business, pour échanger des informations ou pour « réseauter ». Il suffit de se rendre sur son blog ou sur l’un de ses nombreux sites pour se rendre compte que virtuel rime parfaitement avec réel et que numérique ne s’oppose pas à la place du village, bien au contraire ! Les outils numériques sont… des outils… et non une fin en soi… Jeff n’oppose pas un « ancien monde » à un « nouveau monde », loin de là, puisqu’il les fait se rencontrer, « se connecter ». En témoigne la présence d’entreprises telles que Orange, Sun Microsystem ou encore les 230 start-ups du programme Startup Academy qui se retrouvent sous l’arbre à palabre avec tout un écosystème, du développeur d’applications web et iPhone à l’investisseur privé en passant par les consultants spécialisés et les communicants nécessaires à ce que tout cela fonctionne pour tout le monde.

Catherine JeanCatherine Jean, une autre tête bien faite, mais de la génération suivante (la mienne…), a tiré des conclusions de son parcours professionnel et a créé Planetinnov.com pour mettre en relation des « bâtisseurs » (entreprises, labo, porteurs de projets…) et des « contributeurs » (particuliers ou entreprises) à travers des « challenges » (sorte de concours). Ainsi, une entreprise utilise le net pour rencontrer celui ou celle qui pour elle sera la « perle rare » en lui faisant passer une sorte de « concours » d’entrée (le « challenge ») et un particulier ou une autre entreprise utilise le même biais pour mettre ses talents en valeur. Car quoi ? Qu’est-ce qui empêche aujourd’hui une société du Nord de la France de travailler avec un expert basé à Tahiti ? Rien… encore fallait-il savoir que l’expert était à Tahiti…

Jean-Yves Casgha, lui, a associé son expérience de journaliste du monde de l’audiovisuel et sa passion pour l’environnement, au savoir-faire d’une équipe de développeurs pour donner naissance à Terre.tv. C’est ainsi que partant d’un festival qu’il a créé il y a 25 ans, il a partagé des images, des reportages et des témoignage avec le reste du monde… Science Frontières n’est plus un événement pour initiés, mais un RV annuel où se côtoient scientifiques, journalistes, entreprises et particuliers autour d’un même thème, l’environnement, et dont les débats font l’objet d’autres débats dans une communauté qui continue à partager sur le site, mais aussi sur Facebook ou sur Twitter, pour ne citer que ces deux là…

Bien d’autres encore ont compris comment exploiter au mieux les ressources d’Internet et du web 2.0. Que l’on parle d’environnement ou d’économie (télétravail, téléconférences, télédiagnostic), l’Internet est partout… La communication est devenue le maître mot, pourquoi dans ce cas ne pas aller jusqu’au bout de la démarche ? Nous allons vivre plus vieux, travailler plus longtemps. Nous serons de plus en plus nombreux, la mixité ne fera qu’augmenter et les cultures se mélanger…  Dès lors, pourquoi ne pas dès à présent revoir sa copie et accepter nos complémentarités dans un monde qui change ?

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